One Child’s Village : suite
PI. Comment travaillez-vous, concrètement, et dans quels pays ?
TL. Nous sommes actuellement présents au Kenya, où nous avons deux écoles élémentaires, dont s’occupent nos partenaires de Mercy Children’s Center. La première école, qui a 120 élèves, se trouve dans l’un des plus pauvres bidonvilles de la banlieue de Nairobi. La vie des enfants y est extrêmement difficile, comme vous pouvez vous en douter. Même si beaucoup ont encore un parent ou un grand-parent, ils dépendent en fait de nous pour leurs besoins élémentaires, comme la nourriture, les vêtements, l’eau, l’éducation. Beaucoup de nos enfants ont aussi très mal vécu les violences qui ont suivies les élections de l’an dernier, ce qui n’a pas arrangé les choses.
L’autre école se trouve dans le village de Bumala. Elle a davantage d’élèves parce que, contrairement à la première, nous sommes propriétaires du terrain, ce qui nous a permis d’améliorer d’une manière novatrice nos infrastructures. Notre organisation étant toute jeune, nous ne disposions pas de beaucoup de fonds, en tout cas pas des 100 000 € nécessaires pour construire en dur. Nous avons alors adopté les techniques de construction locales, une combinaison de clayonnage et de torchis. Ce qui nous a permis d’employer les villageois, y compris des veuves, mères de certains de nos enfants, porteuses du sida. De cette façon, notre faible mise de fonds de 13 000 € a eu un impact important sur la vie de la communauté. Et, cerise sur le gâteau, cela nous a permis d’avoir une école opérationnelle bien plus tôt que nous n’aurions pu l’espérer.
[Information : www.onechildsvillage.org]