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Les ovnis dans l’ère nucléaire

interview de Robert Hastings par Jason Francis

L’ufologue Robert Hastings enquête depuis 1973 sur l’activité ovni autour des sites nucléaires, notamment en recueillant les témoignages de militaires retraités qui en ont observés au-dessus des bases sur lesquelles ils travaillaient. Il rend compte de ses recherches dans son ouvrage Ufos and Nukes : Extraordinary encounters at Nuclear Weapons Sites (Ovnis et bombes atomiques : rencontres extraordinaires sur des sites nucléaires (non traduit).

Jason Francis l’a interviewé pour Partage international.

Partage international : Pourquoi vous intéressez-vous aux ovnis ?

Robert Hastings : Mon père travaillait dans l’US Air Force (armée de l’air américaine). En 1967, il était affecté sur la base de missiles nucléaires de Malmstrom, dans le Montana. A l’époque, j’avais 16 ans, et j’étais au lycée. Trois nuits par semaine, j’étais aussi gardien dans une des tours de contrôle de cette base. Une nuit de mars 1967, j’ai pu observer cinq objets volants non identifiés sur les radars de la FAA (Federal Aviation Administration – Agence fédérale de l’aviation). J’en ai parlé à mon père, qui s’est alors livré à quelques enquêtes au « SAGE Building », où se trouvait le système de radar le plus avancé de la planète pour l’époque et où il travaillait. Quelques jours plus tard, il me confirma qu’effectivement, on suivait attentivement l’activité d’ovnis au voisinage de la base, et plus particulièrement dans le secteur où étaient installés les missiles nucléaires.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser au sujet. En 1973, j’appris que d’autres chercheurs, dont le regretté Allen Hynek 1 (astronome considéré comme le père de l’ufologie) étaient au courant d’autres incidents de ce genre, et c’est ainsi que je me suis lancé dans mes recherches.

PI. Depuis combien de temps le phénomène ovni montre-t-il un intérêt pour les armes nucléaires et les bases militaires ?

RH. J’ai des documents du FBI qui attestent d’une activité ovni à Los Alamos, Nouveau Mexique – le lieu de naissance des armes nucléaires – dès décembre 1948. On les décrivait comme de forme circulaire, et capables de se déplacer à de très grandes vitesses comme de rester stationnaires. L’un de ces documents indique que, pour le gouvernement – l’US Air Force, le FBI, et d’autres agences de renseignement non spécifiées – cette question relève du secret défense. Quoi qu’il en soit, je sais de par les entretiens que j’ai pu avoir avec d’anciens militaires 2 qu’on a pu observer des ovnis à proximité d’autres sites nucléaires dès 1945, avant les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. J’ai parlé à un pilote de la Navy qui avait vu un objet stationnaire au-dessus du site de Handford, dans l’Etat de Washington, où l’on produisait le plutonium pour la bombe de Nagasaki. Selon ce témoin, l’objet avait ainsi plané au-dessus du site de manière répétée en déjouant toutes les tentatives d’interception. Ce genre d’incident se produit apparemment depuis le début de l’ère nucléaire.

PI. Comment avez-vous pu obtenir ces documents du FBI ?

RH. Ce document particulier a été envoyé à Bruce Maccabee en vertu de la loi sur la liberté d’information (FOIA – Freedom of Information Act). C’est un physicien retraité de l’US Navy, qui est aussi ufologue. Il a ainsi obtenu environ 1 500 pages du FBI en 1978, dont le document que j’ai mentionné.

En ce qui me concerne, cette loi ne s’est pas avérée aussi utile que je l’aurais souhaité, dans la mesure où une bonne partie des incidents sur lesquels j’ai enquêté, portant sur l’activité d’ovnis autour de sites d’armements nucléaires, sont de ce fait considérés comme relevant de la sécurité nationale. Ils sont classifiés à un niveau si élevé qu’ils échappent à l’obligation d’information imposée par la loi. Quand, au début des années 1980, j’ai essayé d’obtenir d’autres documents, j’ai souvent trouvé porte close. J’ai fini par comprendre que si je voulais obtenir ce genre d’information vitale, il était bien plus efficace d’approcher des militaires à la retraite pour enregistrer leurs témoignages. A ce jour, j’en ai ainsi interviewé plus de 120.

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