Microcrédit par la Toile (extrait)

Par Le Sage le 16 mai 2007
Publié dans Dossiers sociaux, Dossiers économiques, Nouvelles, Signes des temps | |

Interview de Matt Flannery et Premal Shah, par Monte Leach.

En swahili, « kiva » signifie accord, unité. Appellation on ne peut plus appropriée pour une association à but non lucratif qui, grâce à sa plate-forme Internet, rapproche les prêteurs et les emprunteurs dans des opérations de microcrédit, tout en abaissant leur coût de manière importante. Matt Flannery et Premal Shah, respectivement co-fondateur et président de Kiva, ont précisé pour Partage international les objectifs et le fonctionnement de Kiva.

Partage international : Qu’est-ce que Kiva ?

Matt Flannery : Kiva est une plateforme de microcrédit en ligne. Notre site présente les profils et les photos d’hommes et de femmes du monde en développement qui ont besoin de prêts pour se lancer dans de petites entreprises, comme, par exemple, un magasin de vêtement, un atelier de tailleur, ou un élevage de chèvres. Faute d’avoir accès au crédit officiel, ils obtiennent ces prêts, grâce à Internet, de personnes du monde développé comme vous et moi. Tout ce dont vous avez besoin, c’est une carte de crédit, qui vous permettra d’être remboursé au bout d’un an.

PI. Quel est l’apport de Kiva dans le domaine du microcrédit ?

MF. Avant Kiva, il n’y avait aucun moyen de bénéficier d’un microcrédit à un prix aussi bas. Nous avons apporté deux innovations. La première, c’est que l’on peut envoyer de l’argent directement à un emprunteur sitôt qu’on l’a vu sur notre site. La seconde, c’est qu’au lieu de se borner à faire un don, on peut faire un investissement, un prêt, qui nous seront remboursés. Nous ne sommes pas sur le terrain, comme la Grameen Bank de Mohammed Yunus, au Bangladesh, qui octroie des prêts sur des territoires définis. Nous travaillons depuis San Francisco à développer une plateforme informatique grâce à laquelle des gens des mondes développés et en développement peuvent entrer directement en contact.

Un crédit pour Elisabeth, en Ouganda

PI. Pourriez-vous nous citer un prêt qui a changé radicalement la vie de quelqu’un ?

MF. Ma famille et moi avons prêté une somme à Elizabeth Omalla, une Ougandaise vivant près de Turora. Elle vendait du poisson sur le trottoir. Trois ou quatre par jour, pour un maigre profit. Elle se les procurait auprès d’un distributeur du Nil qui prenait des marges exorbitantes. Nous lui avons donc prêté 500 dollars, une somme tout à fait conséquente pour elle. Ce qui lui permit d’aller elle-même au Nil, par un court voyage en bus. Les économies qu’elle a pu ainsi réaliser lui ont permis de s’acheter non pas trois ou quatre poissons, mais des douzaines, ainsi qu’un congélateur, histoire de se constituer des réserves. Grâce à ses bénéfices (multipliés par trois), elle a pu envoyer ses enfants à l’école et épargner ; bref, mettre un tant soit peu sa famille à l’abri des coups durs si dévastateurs pour ceux qui vivent dans la misère.

Visitez le site Kiva sur Internet (en anglais)



1 commentaire actuellement
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Par Jean le 09.06.07 12:25

Bonjour

je te remercie de mavoir fait connaitre le lien vers le site de KIVA. Je ne pensais pas que c’etait à la portée de tout le monde !!!




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