Le marché de la destruction (extrait)
interview de Symon Hill par Jason Francis
Fondée à Londres en 1973 lors de la guerre du Yom Kippour, qui a provoqué une intensification sans précédent du commerce des armes, l’ONG « Campagne contre le trafic des armes » (CCTA) compte aujourd’hui tout un réseau international qui s’efforce de réduire voire d’éliminer toute exportation d’armes – d’autant que ce commerce ne fait qu’accroître la pauvreté dans le monde. Son porte-parole est Symon Hill. Jason Francis l’a interviewé pour la revue Partage international.
Partage international : Combien de sociétés, multinationales, etc. sont-elles aujourd’hui impliquées dans le commerce des armes et à combien se monte leur chiffre d’affaires ?
Symon Hill : Les sommes impliquées chaque année dans le commerce des armes sur la planète dépassent de loin toutes celles liées aux autres activités humaines, y compris le pétrole. Ces sommes viennent d’atteindre mille milliards de dollars. Il y a littéralement des milliers de sociétés qui travaillent sur ce terrain, dominées de loin, cependant, par Lockheed Martin, Boeing et BAE Systems.
PI. Quelles sont, dans ce domaine, les relations entre les gouvernements et les compagnies privées ? Quel y est, en particulier, le rôle des membres du G8 ?
SH. Les cinq premiers exportateurs d’armes sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. L’influence des sociétés militaires américaines sur la classe politiques fait depuis longtemps l’objet de critiques.
Il en va de même en Grande-Bretagne, bien que la situation y soit quelque peu différente du fait de l’écrasante suprématie de BAE Systems et de ses sociétés satellites et sous-traitantes. Selon les médias britanniques, le chef de la BAE détient « la clé de la porte » du 10, Downing Street.

