Les subventions à l’agriculture

Par Le Sage le 15 janvier 2007
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En maints pays du tiers-monde les produits importés, notamment la nourriture, sont moins chers que les produits locaux. Des contraintes locales, telles que le mauvais état des routes ou la difficulté des coopératives agricoles à s’organiser ou même exister, sont en partie la cause de cette situation. Mais surtout, les subventions que les gouvernements des pays riches accordent à leurs agriculteurs faussent les prix réels. Dans le tiers-monde, la population locale, extrêmement pauvre, ne voit que le prix et achète les produits d’importation moins chers, fragilisant encore plus les producteurs locaux. Ce problème est une contrainte majeure qui reste au centre de discussions et d’inquiétudes.
Les subventions des pays riches à leur agriculture provoquent une surproduction ou, plus modestement, permettent simplement aux agriculteurs de survivre. Les excédents livrés au reste du monde à des prix inférieurs au coût de production ne permettent plus aux agriculteurs des pays en développement d’écouler leurs produits. Or environ 70% des habitants des pays les plus pauvres tentent de vivre de leurs récoltes. De plus, c’est un domaine où les habitants du tiers-monde ont des connaissances certaines, et des possibilités d’être rapidement performants, pour autant que des marchés, et d’abord les leurs, leur soient ouverts et que de lourdes barrières administratives, souvent internes, soient levées. Il s’agit d’un problème douloureux pour les agriculteurs européens et nord-américains, qui devront progressivement prendre en compte cet élément et envisager des réorientations de leurs activités… Lire la suite 

Aussi : http://www.novartisfoundation.com./index.htm



Les villes : une nouvelle frontière

Par Le Sage le 9 janvier 2007
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Les villes du monde se retrouvent de plus en plus souvent en première ligne dans la lutte contre la pauvreté.

9 janvier 2004Est-ce un problème ou une opportunité ? C’est la question à laquelle les experts internationaux en matière de planification urbaine doivent répondre tout en s’accommodant du fait que la planète est en passe de connaître un changement majeur de population, la population urbaine devant passer de 47 % en 2000 à plus de 60 % d’ici 2030.

Au cours de cette période, deux milliards de personnes supplémentaires rejoindront les centres urbains - dont 500 comptabilisent déjà plus d’un million d’habitants. D’ici 2020, plus de la moitié de la population des pays en développement habitera également dans des villes, ce qui fera de ces dernières une frontière essentielle dans la lutte contre la pauvreté au 21ème siècle.

« C’est une bonne nouvelle », déclare Jeffrey D. Sachs, directeur du Earth Institute à l’Université de Columbia.

Sachs est l’un des membres d’un groupe d’experts ayant suggéré de quelle manière les villes peuvent stimuler la croissance économique pour améliorer les niveaux de vie de leurs populations en expansion dans une édition spéciale du magazine Development Outreach de l’Institut de la Banque mondiale intitulée Unknown Cities.

Pour Sachs, il s’agit d’une « bonne nouvelle » car les zones urbaines ont surclassé les zones rurales au cours du siècle dernier dans quasi tous les secteurs du développement économique. Elles ont généré davantage d’innovations ; leur population est mieux éduquée, en meilleure santé et vit plus longtemps que les voisins des zones rurales. La probabilité de mortalité infantile pendant la petite enfance est plus faible et les enfants disposent d’un meilleur accès à une eau propre et au système sanitaire.
 Tim Campbell, un spécialiste de l’Institut de la Banque mondiale qui a réuni le groupe d’experts en tant que directeur scientifique invité de Unknown Cities, déclare que les vagues de changements radicaux tels que les réformes politiques, la décentralisation, la démocratisation et la mondialisation ont engagé les villes sur de nouveaux terrains inconnus aux niveaux politique et économique.

Campbell affirme qu’il n’a jamais vu, en 30 ans de carrière dans ce domaine, des villes regorgeant à ce point d’espoir, malgré les « inconnues » de leur avenir. Selon lui, l’accroissement des échanges commerciaux internationaux et la révolution de l’information déclenchée par l’Internet ont offert une myriade d’opportunités permettant aux villes de devenir des centres de croissance.

« La question est ensuite de savoir comment prendre en main une vaste conglomération urbaine pour parvenir à une certaine cohésion, et développer une identité, qui peuvent constituer un avantage concurrentiel sur d’autres régions »… Lire la suite de l’article



La dette en faits et en chiffres

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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- La dette extérieure de l’ensemble des pays en voie de développement (PVD) (soit 86 % de la population mondiale) s’élève à 2 800 milliards de dollars - presque autant que la richesse combinée des 793 multimilliardaires du monde en 2005.

- Chaque année, les PVD remboursent plus de 400 milliards de dollars soit quatre fois plus que l’aide qu’ils reçoivent des pays donateurs.

- 38 % du budget des pays africains est consacré au remboursement de la dette.

- Contraste frappant: il suffirait de 80 milliards de dollars par an sur dix ans pour assurer les besoins essentiels des PVD : nourriture correcte et en quantité suffisante, accès à l’eau potable, éducation élémentaire et accès aux soins.

[Source: Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde]



Bamako: un film qui dénonce les ravages de la dette

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Le cinéma est un moyen privilégié de montrer le mécanisme de la dette et ses ravages. C’est pour cette raison que le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) apporte son soutien à deux films à l’affiche en France en cet automne 2006 : La dignité du peuple de Fernando Solanas (Argentine) et Bamako (Mali).

Bamako est un film franco-malien d’Abderrahmane Sissako, l’un des derniers grands cinéastes africains en activité. Ce film a reçu le Grand Prix du public des rencontres Paris cinéma 2006 et a été également présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, hors compétition.

Il fut aussi présenté au festival international du cinéma de Toronto ainsi qu’au festival de New York où il a rencontré un certain succès.

L’originalité du film tient à son sujet et au lieu du tournage: une cour intérieure dans un quartier populaire de Bamako devient le siège d’un tribunal pour juger les grandes instances internationales et leur impact sur l’Afrique: G8, FMI et Banque mondiale.

Bamako, une Cour dans une cour, c’est en fait le système économique occidental qui est l’objet du procès. L’économie libérale mondialisée a engendré des millions de victimes, spoliant les pays du Sud, les privant de leurs services publics du fait des contraintes imposées par le remboursement de la dette. Où sont les instances juridiques qui pourraient interpeller les responsables de ces mécanismes inexorables et sans pitié?

Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, qui joue le rôle d’un des témoins, refuse de considérer que la principale caractéristique de l’Afrique soit sa pauvreté: « Non, assure-t-elle, l’Afrique est plutôt victime de ses richesses.»

« Il ne s’agissait pas tant de désigner les coupables que de dénoncer le fait que le destin de centaines de millions de personnes est scellé par des politiques décidées en dehors de leur univers », a expliqué A. Sissako.

Les pays en développement ont remboursé l’équivalent de dix fois ce qu’ils devaient en 1980, mais ils sont aujourd’hui cinq fois plus endettés.

[Sources: Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde; www.cadtm.org et www.bamako-film.com]



Des millions d’enfants non scolarisés

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Selon le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2007, présenté fin octobre 2006 par l’Unicef et l’Unesco, 77 millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés. C’est moins qu’il y a cinq ans mais cela reste inacceptable. Les trois-quarts de ces enfants se trouvent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et de l’Ouest, bien qu’en Asie reur nombre ait diminué de moitié entre 1999 et 2004 (en raison, pour une large part, du fort développement économique de l’Inde).

Selon ce rapport, présenté à New York par le directeur général de l’Unesco, Koichiro Matsuura, sur dix enfants nés dans des pays en développement, quatre grandissent dans des conditions de pauvreté et de malnutrition, et sans scolarisation. Ce rapport vise à évaluer le programme « l’Education pour tous ».

Des progrès importants dans le domaine de la scolarisation ont été réalisés puisque, entre 1999 et 2004, le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés en primaire et qui ne le sont pas a diminué de 21 millions. Il s’agit d’un pas en avant vers la réalisation des Objectifs de développement du millénaire des Nations unies.

[Source: El Pais, Espagne]



Pauvreté massive et inégalités: les fléaux de notre époque

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Amnesty International a récemment accordé le titre d’Ambassadeur 2006 de la conscience à Nelson Mandela. Lors d’un discours à Johannesburg, l’ex-président d’Afrique du Sud a déclaré: « Comme Amnesty International, j’ai combattu pendant de nombreuses années pour la justice et les droits de l’homme. Je me suis maintenant retiré de la vie publique, mais tant que les injustices et les inégalités persistent personne ne peut réellement s’arrêter. »

N. Mandela s’est ensuite étendu sur la pauvreté qui met des millions de personnes en esclavage: « Tant que la pauvreté persistera, il n’y aura pas de véritable liberté. Amnesty International a raison de lutter contre les violations des droits de l’homme car elles renforcent la pauvreté. Combattre l’indigence n’est pas de la charité, c’est lutter pour la justice et la reconnaissance des droits humains élémentaires. Partout sur la Terre, chacun doit avoir le droit de vivre dans la dignité, sans peur et sans la crainte de l’oppression, affranchi de la faim et de la soif et libre de s’exprimer et de s’associer avec qui il veut. A notre époque, des millions de personnes restent encore prisonnières enchaînées comme des esclaves. La pauvreté et les inégalités extrêmes constituent les fléaux de notre époque qui, par ailleurs, a pu réaliser des percées extraordinaires dans le domaine de la science, de la technologie, de l’industrie et de la création de richesses. La pauvreté dérobe le pouvoir aux gens mais chacun doit pouvoir exprimer ses besoins et se faire entendre. »

Il a également évoqué la nécessité de fournir un toit, de garantir les droits, la sécurité et la santé des femmes. Le monde a besoin d’atteindre une masse critique de personnes actives et motivées pour apporter les changements qui permettront aux jeunes de réaliser leur plein potentiel. « J’ai déjà parlé du besoin d’atteindre cette masse critique. Je considère cette distinction comme une nouvelle étape vers cet objectif. Si toutes les personnes soucieuses des droits de l’homme dans le monde y croient, agissent en conséquence et amènent d’autres à les rejoindre, alors nous atteindrons la masse critique. »

[Source: Amnesty international]

 

 



Chine: révoltes contre la confiscation des terres

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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L’agitation couve depuis quelques temps en Chine. Les médias internationaux s’en sont fait l’écho en 2004, mais la tension s’est accrue récemment et des heurts se sont produits entre la police anti-émeutes et des manifestants refusant de céder du terrain. Car il s’agit bien de terrain, ou plutôt de terres saisies illégalement par les autorités en collaboration avec le monde des affaires.

Cette agitation populaire et ces manifestations ne cessent de prendre de l’ampleur depuis quelques années, en réactÏon à la corruptÏon, aux licenciements de masse et aux saisies de terres sans compensation. En réaction aussi au fossé qui s’élargit sans cesse entre les riches et les pauvres, lié avant tout à la disparité des possibilités d’emploi entre les régions côtières prospères et l’arrière-pays très appauvri. Les habitants du village de Sanzhou assurent qu’en 2005, la moitié de leurs terres, soit 6 000 hectares, a été vendue illégalement par des représentants du gouvernement.

A Shunde, au sud de la province du Guangdong, les villageois ont fait le blocus d’un entrepôt géant lors de la cérémonie d’inauguration, y enfermant la délégation officielle, les hommes d’affaires étrangers et les visiteurs, jusqu’à ce que, le lendemain, la police les disperse à coups de gaz lacrymogène. Les habitants de Shunde assurent que cet entrepôt a été construit sur des terrains confisqués illégalement par les représentants du gouvernement, qui les ont ensuite vendus aux promoteurs.

[Source: Reuters]



Espagne: « Tolérance Zéro » contre la misère

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Le 21 octobre 2006, des milliers de gens sont descendus dans les rues de 40 grandes villes d’Espagne pour exiger du gouvernement qu’il agisse contre la misère.

L’un des manifestants de Barcelone, un homme d’une cinquantaine d’années se disant « citoyen indépendant », a déclaré: « Bien que l’Espagne reconnaisse la nécessité d’éradiquer la misère dans le monde, les efforts qu’elle déploie sont loin d’être suffisants. Nous exigeons que le président Zapatero consacre sans délai 0,7 % de son PIB à l’aide au développement, et abolisse 100 % de la dette extérieure des pays non développés. » Une jeune femme, membre de l’ONG Intermon-Oxfam, a alors ajouté: « Nous exigeons également la modification des règles du commerce international, car, de toute évidence, elles favorisent actuellement les pays riches. Nous devons aussi combattre la corruption dans les paradis fiscaux, car elle entrave le développement des régions qui en auraient le plus besoin. Le problème n’est pas que les pays et les associations ne font rien. Nous agissons, mais pas assez, et sans intelligence. »

A ces mots, plusieurs manifestants qui l’accompagnaient se mirent à crier en brandissant leurs pancartes: « Elle a raison! Luttez contre la misère! Parlez moins, agissez plus! »

[Source: El Pais, Espagne]



La Promesse de « Stand up against poverty »

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Nous nous tenons debout maintenant parce que nous ne voulons pas, dans les années qui viennent, avoir à dire à la génération suivante « nous savions qu’il y avait des millions de personnes qui mourraient inutilement chaque année – et nous n’avons rien fait. » […]

Aux dirigeants des pays riches : soyez formidables – battez-vous pour tenir les promesses que vous avez faites pour éliminer la pauvreté. L’annulation de la dette, l’augmentation de la qualité et de la quantité d’aide au développement, et la justice commerciale – vous savez ce qui doit être fait – faites-le. […]

Chaque génération a son combat à mener contre des fléaux comme l’esclavage et l’apartheid, qui semblaient insurmontables à l’époque. Mais l’histoire a prouvé encore et encore qu’ils pouvaient l’être, lorsque suffisamment de gens se dressent contre ces injustices.

Nous sommes six milliards de Voix. Nous voulons la justice maintenant. Plus d’excuses. Nous ne les accepterons pas. »



Des millions de personnes « debout » contre la pauvreté

Par Le Sage le 8 janvier 2007
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Plus de 23 millions de personnes dans une centaine de pays ont participé à une initiative des Nations unies appelée « Stand up against poverty » (Debout contre la pauvreté), pendant 24 heures, afin de rappeler aux dirigeants mondiaux leurs promesses de réduire de façon significative l’extrême pauvreté d’ici 2015. Selon le Guinness des Records, cette manifestation fut « le plus vaste mouvement ponctuel coordonné de tous les temps » : les 15 et 16 octobre, 23 542 614 personnes se sont levées en même temps et ont récité un engagement contre la pauvreté.

Cet événement précéda la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre 2006.

– Bingu wa Mutharika, président du Malawi, se mêla à des milliers de manifestants contre la pauvreté dans la capitale, Lilongwe.

– Au Jaipur (Inde), 38 000 amateurs de cricket se levèrent au début du match opposant l’Inde et l’Angleterre.

– A Times Square (New York), Merk Malloch Brown, député secrétaire général aux Nations unies, la reine Noor de Jordanie et HH Swami Ramdev se levèrent en compagnie de milliers d’anonymes.

– Des centaines de milliers de personnes se levèrent durant une minute pendant un concert contre la pauvreté dans les bidonvilles Mbare de Harare, au Zimbabwe.

– Des écoliers au Liban, en Jordanie, à Gaza et sur la Rive occidentale se levèrent pour souligner l’injustice envers tous les enfants qui ne peuvent accéder à l’école.

– Les organisateurs au Bangladesh ont rapporté que plus d’un demi million de jeunes gens ont formé de gigantesques chaînes humaines traversant 64 régions du pays.

– Aux Philippines, plus de 10 000 personnes ont défilé contre la pauvreté en affirmant que « 36 pesos par jour ce n’est pas assez pour vivre pour un Philippin ».

– A Mexico, plusieurs centaines de personnes se levèrent lors de divers matches de football.

Cette initiative internationale a été coordonnée par la « Campagne du millénaire des Nations unies » (UMC) et « L’action mondiale contre la pauvreté » (AMCP). L’UMC travaille afin que soient atteints les Objectifs de développement du millénaire approuvées par les dirigeants de 189 gouvernements en 2000 et visant à réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici 2015 – ainsi que d’autres objectifs concernant la famine, la santé des enfants et certaines maladies comme le sida et la tuberculose. L’AMCP est une coalition de groupes issus de plus de 100 pays qui pressent les gouvernements d’éradiquer la pauvreté, de réduire de façon significative les inégalités, et d’atteindre les objectifs de développement pour le millénaire.

[Sources : www.whiteband.org ; un.org]