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Analyses sociales
- Progrès en matière de survie des enfants
- La réhydratation orale
- Compenser la déficience en iode
- Dix millions d’enfants prisonniers des travaux domestiques
- Un programme alimentaire pour réduire la mortalité des enfants
- La responsabilité sociale des entreprises
- Douze mythes sur la faim
- Le microcrédit à l'aide des plus pauvres
- Abolir l'esclavage de l'endettement
Progrès en matière de survie des enfants
Il y a six ans, des leaders mondiaux issus de 159 pays s'étaient réunis à New York pour convenir d'un ensemble d'objectifs précis et mesurables, en matière de développement humain. Il s'agissait de réduire la mortalité infantile et maternelle et de faire en sorte que tout enfant puisse recevoir une éducation élémentaire, disposer d'eau potable et de conditions sanitaires correctes, d'ici l'an 2 000. Ils avaient également défini un ensemble d'objectifs intermédiaires à atteindre avant la fin d'année 1995.
Le Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, a fait le bilan des progrès accomplis en faveur des enfants, depuis le Sommet mondial pour l'Enfance organisé par l'Unicef en 1990. Selon lui, des progrès considérables ont été accomplis sur la plupart des objectifs du Sommet, dans la majorité des pays. Plus de 80 % des enfants du monde sont maintenant vaccinés, et l'objectif des 90 % fixé pour l'an 2000, est déjà atteint ou dépassé dans certains pays. La réhydratation orale est largement utilisée dans les pays en voie de développement, pour lutter contre diverses formes de diarrhées aux conséquences mortelles. La poliomyélite et la filariose sont sur le point d'être éradiquées et plusieurs milliers d'hôpitaux sont maintenant officiellement reconnus comme « amis des bébés », suite à leurs efforts en faveur de l'allaitement maternel.
Compenser la déficience en iode
Depuis 1990, un milliard et demi de personnes supplémentaires consomment du sel iodé. Environ 12 millions d'enfants, échappent ainsi chaque année, à l'arriération mentale, dont la déficience en iode constitue la cause principale. Le monde s'est également fixé comme objectif de pouvoir fournir de l'eau potable à tous les hommes d'ici l'an 2000. Et avant toutes choses, les droits de l'enfant sont maintenant mieux reconnu, et la ratification de la Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant est presque universelle. Cette Convention est devenue le traité sur les droits de l'homme ayant obtenu la plus large approbation dans l'Histoire. Elle a été ratifiée par 187 Etats en seulement six ans. Trois pays sur cinq atteindront les objectifs globaux en matière de survie infantile d'ici l'an 2000, ou s'en approcheront de très près.
Selon Carol Bellamy, Directeur exécutif de l'Unicef : « Il est indéniable que des millions d'enfants sont actuellement en vie grâce aux efforts exceptionnels mis en oeuvre depuis le Sommet mondial de l'Enfance. En fait, il y aura un million d'enfants de plus qui survivront cette année, par rapport à 1990. Et grâce à l'amélioration de la santé et de l'éducation, des millions d'enfants supplémentaires disposeront d'une meilleure chance de briser le cycle de la pauvreté et d'accomplir leurs potentialités. Beaucoup reste à faire, pourtant. »
Le rapport du Secrétaire général a été tout aussi direct sur le manque de progrès accomplis en matière de nutrition infantile. En Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud, le nombre des enfants mal nourris est en augmentation certaine. Près du tiers de l'ensemble des enfants âgés de moins de cinq ans dans les pays en voie de développement sont mal nourris, et la malnutrition contribue toujours à plus de la moitié des décès de jeunes enfants dans ces pays.
Le rapport a souligné d'autres problèmes sérieux, notamment la discrimination croissante entre les sexes en matière d'éducation élémentaire, et l'incapacité des services d'éducation à suivre le rythme de la croissance démographique. Sur les 100 millions d'enfants qui ne vont pas à l'école, près de 60 millions sont des filles.
Bien qu'on estime que depuis 1990, 50 millions d'enfants supplémentaires fréquentent les écoles primaires, cet accroissement en chiffres réels n'arrive guère à suivre le rythme de la croissance démographique. Cette croissance démographique dépasse également les possibilités des services sanitaires. Le nombre de personnes ne disposant pas de conditions sanitaires suffisantes est passé de 2,6 milliards à la date du Sommet, à 2,9 milliards en 1994.
(Source Unicef) (Partage international - février 1997)
Dix millions d’enfants prisonniers des travaux domestiques
D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), environ 10 millions d’enfants, à travers le monde, sont forcés de travailler comme domestiques dans des habitations privées et ce dans des conditions assimilables à l’esclavage. L’OIT affirme que dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique centrale et d’Asie, des milliers de filles, dès l’âge de 8 ans, travaillent 15 heures par jour ou plus, sept jours par semaine et ce contre aucune ou quasiment aucune rémunération.
L’utilisation d’enfants comme domestiques est acceptée ou tolérée dans de nombreux endroits, affirme June Kane, auteur d’un nouveau rapport : « Malheureusement, de nombreux pays ne considèrent pas le travail domestique des enfants comme un problème. » Le rapport conclut que c’est en Afrique du Sud que l’on trouve le plus d’enfants employés comme domestiques : deux millions. L’Indonésie, le Brésil et le Pakistan font partie des pays où l’on trouve également de nombreux enfants domestiques.
Dans certaines familles, les enfants domestiques doivent allumer les feux avant le réveil de la famille. Ils s’occupent de la cuisine, nettoient et mènent d’autres enfants à l’école. Lorsqu’ils sont devenus trop âgés, nombre d’entre eux sont chassés par leurs employeurs et finissent leur vie dans la rue, car ils ne parviennent pas à retrouver leur famille.
Faire travailler les enfants est souvent considéré comme une solution pour les familles pauvres qui ne peuvent les nourrir. Les parents reçoivent rarement de l’argent en échange du travail de leurs enfants. Le service domestique est aussi considéré comme une préparation au mariage pour les filles et les employeurs sont souvent considérés comme des bienfaiteurs. Dans de nombreux pays, le nombre croissant d’orphelins dû au sida, ainsi que le statut traditionnellement inférieur des femmes et des filles, conduit nombre de celles-ci au travail domestique.
Human rights Watch confirme avoir détecté des problèmes similaires : « Les enfants utilisés pour les travaux domestiques à travers le monde sont victimes d’abus et d’exploitation », affirme Jo Becker, qui coordonne les groupes de pression américains entrant contre le travail des enfants. L’OIT estime qu’environ 246 millions d’enfants à travers le monde ont des occupations qui prennent la plupart du temps qu’ils pourraient consacrer à l’école. Parmi ceux-ci, environ la moitié sont impliqués dans ce que l’agence appelle « les formes extrêmes d’exploitation des enfants » : prostitution, travaux de mine et esclavage dans différentes industries.
[Source : Associated Press] (Partage international - octobre 2004)
Un programme alimentaire pour réduire la mortalité des enfants
D’après une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, un régime alimentaire adéquat pour chaque enfant sur Terre permettrait de sauver plus de 2,5 millions de vie chaque année. La sous-alimentation provoque une insuffisance pondérale et un affaiblissement des enfants de sorte que des maladies en général guérissables s’avèrent souvent mortelles pour eux. D’après l’étude, il serait possible de prévenir un million de décès de la pneumonie, 800 000 de la diarrhée, 500 000 de la malaria et 250 000 de la rougeole.
L’étude s’est portée sur les données fournies par une dizaine de recherches relatives à la mortalité enfantine à travers le monde ; un modèle mathématique a été établi afin de déterminer la relation entre le poids des enfants et leur mortalité.
Les chercheurs estiment que plus de la moitié de la mortalité enfantine est attribuable à la sous-alimentation ; presque 45 % des décès suite à la rougeole et plus de 60 % de décès suite à la diarrhée sont associés à une insuffisance pondérale et une alimentation insuffisante. « La malnutrition, même sans être extrême, a un impact significatif sur la santé des enfants et leurs chances de survie, affirme Laura Caulfied, professeur associé au Johns Hopkins Bloomberg School’s Center for Human Nutrition et membre de l’équipe chargée de l’étude. Notre étude montre que même les enfants de petite taille mais dont le poids ne permettait pas de les classer comme souffrant de malnutrition, avaient deux fois plus de chance de décéder que les enfants de notre groupe de référence. Ces résultats mettent en avant le besoin d’accorder la priorité à l’amélioration de l’alimentation des enfants. »